Appel suspect, étiquette « spam » ou faux conseiller bancaire : que faire ?
Les alertes de votre téléphone ou de votre banque aident, mais aucune n’est une preuve : une alerte peut se tromper dans les deux sens. Face à un appel qui parle de fraude ou de « virement de sécurisation », la règle est simple : raccrochez, puis vérifiez par un autre canal.
Vous êtes en train de vous faire arnaquer ? Les réflexes immédiatsScamCheck n’ouvre pas les liens suspects et ne stocke pas le message brut par défaut.
Ce qu’il faut retenir
- « Le numéro masqué n’est pas un indice suffisant pour considérer qu’un appel est frauduleux. »
- Les étiquettes « spam » ou « appel indésirable suspecté » reposent sur des systèmes de détection : des erreurs de classification sont possibles, dans les deux sens.
- « Jamais un conseiller de votre banque ne vous demandera de lui communiquer votre mot de passe, des codes de confirmation », ni de valider ou d’annuler des opérations.
- « Raccrochez sans attendre et ne communiquez aucune information sensible », puis contactez votre banque par ses canaux habituels.
- La vérification du bénéficiaire d’un virement compare seulement le nom et le compte : elle ne dit pas si le virement est sûr.
Exemples de messages ou situations typiques (exemples reconstitués)
Un appel affiche « Appel indésirable suspecté » alors que c’est votre vrai conseiller ; un autre, sans aucune étiquette, vient d’un escroc.
« Service fraude de votre banque. Des opérations suspectes sont en cours : validez les notifications pour les annuler. »
« Pour protéger votre argent, faites un virement vers ce compte sécurisé le temps de l’enquête. »
« Un coursier passe récupérer votre carte pour la sécuriser, puis la détruire. »
Signaux d’alerte
Demande de code, de mot de passe ou de validation
Jamais un conseiller de votre banque ne vous demandera votre mot de passe ou des codes de confirmation, ni de valider ou d’annuler des opérations.
« Virement de sécurisation »
Ce n’est pas un terme officiel. La Banque de France rappelle qu’elle ne vous appellera jamais pour vous demander vos identifiants, votre code ou un virement : le « compte sécurisé » n’existe pas.
Remise de la carte à un coursier
Un conseiller ne demandera jamais le code de votre carte, ni de la remettre à un coursier « au prétexte de la sécuriser ou bien la détruire ».
Faux numéro d’opposition
De faux numéros d’opposition circulent dans des messages d’hameçonnage : « vérifiez l’information par vous-même », depuis l’espace ou l’application de votre banque.
Numéro qui ressemble à celui de la banque
Les opérateurs coupent les appels dont le numéro n’a pas pu être authentifié (fixes depuis le 1er octobre 2024, mobiles depuis janvier 2025) et, depuis le 1er janvier 2026, masquent un numéro mobile français non authentifié venant de l’étranger. Les fraudeurs contournent pourtant ces dispositifs.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne communiquez aucun code, mot de passe ou code de carte, même « pour annuler » une opération.
- Ne validez et n’annulez aucune opération à la demande d’un appelant.
- Ne faites aucun « virement de sécurisation » : le compte sécurisé n’existe pas.
- Ne remettez jamais votre carte à un coursier.
- N’appelez pas un numéro d’opposition reçu par message sans l’avoir vérifié vous-même.
- Ne prenez pas un numéro affiché, non masqué ou sans étiquette pour une preuve d’honnêteté : une alerte peut se tromper dans les deux sens.
Que faire si vous avez un doute
- « Raccrochez sans attendre et ne communiquez aucune information sensible. »
- Rappelez votre banque par ses canaux habituels : application ou espace client habituel.
- Pour un virement, la vérification du bénéficiaire compare seulement le nom et le compte ; en cas d’alerte, renseignez-vous auprès de votre banque sur les conséquences d’une alerte ignorée.
- Sur Android, l’application Téléphone de Google affiche « Appel indésirable suspecté » ou « Spam » et permet de corriger une erreur avec « Non-spam » ; votre opérateur peut aussi proposer une alerte, qui n’est pas affichée en 2G/3G ni sur WhatsApp.
- Analysez un SMS ou un e-mail reçu avec ScamCheck, sans y coller de code ni de donnée bancaire.
Que faire si vous avez déjà cliqué, répondu ou payé
- Contactez votre banque sans attendre, par ses canaux habituels.
- Si votre carte est en cause, faites opposition auprès de votre banque ou via le serveur interbancaire d’opposition (numéro surtaxé, indiqué ci-dessous) ; vérifiez vous-même le numéro de votre banque.
- Conservez les preuves : numéro appelant, SMS, e-mails, captures.
- Déposez plainte. Si votre carte a été utilisée à votre insu, Perceval permet de signaler la fraude en ligne, après l’opposition ; il ne remplace pas la plainte.
- Signalez l’appel ou le SMS au 33 700 : pour un appel, envoyez « spam vocal » suivi du numéro.
- Pour être conseillé : Info Escroqueries ; pour être soutenu : France Victimes (voir ci-dessous).
Ce que ces organismes ne demandent jamais
- Votre banque : « Jamais un conseiller de votre banque ne vous demandera de lui communiquer votre mot de passe, des codes de confirmation », ni de valider ou d’annuler des opérations.
- Votre banque : jamais le code de votre carte, ni la remise de votre carte à un coursier « au prétexte de la sécuriser ou bien la détruire ».
- Votre banque (ABE Infoservice) : elle « ne vous demandera jamais des données de connexion à votre espace bancaire, un code personnel ou de validation reçu par SMS ».
- Banque de France : « Elle ne vous appellera jamais pour vous demander vos identifiants, votre code ou un virement. » Elle ne gère pas les comptes des particuliers.
- Banque de France : elle « ne propose pas d’offres de crédit auprès des particuliers ».
- Assurance Maladie : elle ne vous demandera jamais vos identifiants ameli (dont le mot de passe), des informations médicales, vos coordonnées bancaires complètes ou votre numéro de carte ; elle ne facture jamais de frais de livraison.
- Impôts : « Le numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour le paiement d’un impôt », ni pour rembourser un crédit d’impôt.
Autres alertes officielles récentes
Fausses offres de crédit « Banque de France »
« La Banque de France ne propose pas d’offres de crédit auprès des particuliers. » Ne répondez pas, ne transmettez aucune de vos données ou documents personnels, ne payez rien ; consultez la liste noire d’ABE Infoservice.
Faux renouvellement de carte Vitale
De faux e-mails imitent la lettre d’information de l’Assurance Maladie et réclament des frais de livraison. « L’Assurance Maladie ne facture jamais de frais de livraison. »
Faux messages « Assurance Maladie »
Tous les SMS envoyés par votre caisse proviennent d’un seul numéro, le 38 663, et commencent par « ASSURANCE MALADIE ». Les e-mails officiels viennent de @app.assurance-maladie.fr, @assurance-maladie.fr, @info.ameli.fr ou @ameli.fr. Lors d’un appel, un conseiller doit se présenter avec son nom, son service et sa CPAM. Identifiants divulgués : contactez votre CPAM au 3646.
Faux messages « impôts »
« Le numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour le paiement d’un impôt », ni pour rembourser un crédit d’impôt.
À qui parler : canaux officiels
- Opposition carte bancaire0 892 705 705
Serveur interbancaire d’opposition, numéro surtaxé. De faux numéros circulent : vérifiez vous-même le numéro de votre banque.
Signalement en ligne d’une fraude à la carte bancaire, après l’opposition. Ne remplace pas la plainte.
Plateforme du ministère de l’Intérieur : appel et service gratuits.
- France Victimes116 006
Numéro gratuit d’aide aux victimes.
Liens et numéros publiés par les organismes cités. ScamCheck n’est pas affilié à ces services et ne leur transmet rien.
Comment ScamCheck peut aider
- Repérer dans un SMS ou un e-mail les demandes de code, de validation, de virement ou de remise de carte.
- Donner un niveau de risque estimé, en expliquant les signaux.
- Rappeler les réflexes de vérification par un autre canal.
- Orienter vers les services de signalement et d’aide, sans rien transmettre.
Limites importantes
- ScamCheck n’analyse pas les appels en direct ni les étiquettes de votre téléphone.
- ScamCheck ne vérifie pas un bénéficiaire de virement ni l’état de votre compte.
- ScamCheck estime un risque et peut se tromper dans les deux sens, comme toute alerte.
- ScamCheck ne remplace pas votre banque et ne récupère pas les fonds.
Analyser un message suspect
ScamCheck n’ouvre pas les liens suspects et ne stocke pas le message brut par défaut.
Questions fréquentes
Un numéro masqué est-il forcément une arnaque ?
Non. Selon l’Arcep, le numéro masqué n’est pas un indice suffisant pour considérer qu’un appel est frauduleux. Depuis le 1er janvier 2026, un numéro mobile français non authentifié lors d’un appel venant de l’étranger est masqué.
L’étiquette « spam » de mon téléphone est-elle fiable ?
Elle aide, mais des erreurs de classification sont possibles. Sur Android, vous pouvez corriger un libellé avec « Non-spam ». Dans l’autre sens, un appel sans étiquette peut être frauduleux : vérifiez par un autre canal.
La vérification du bénéficiaire protège-t-elle d’un faux RIB ?
Depuis le 9 octobre 2025, toutes les banques doivent vérifier le bénéficiaire d’un virement. Cette vérification compare seulement le nom et le compte et peut donner quatre résultats ; vous conservez la liberté d’exécuter le virement, en connaissance de cause. En cas d’alerte, renseignez-vous auprès de votre banque sur les conséquences.
Mon conseiller peut-il m’appeler ?
Un appel ne prouve rien, dans un sens comme dans l’autre. Jamais un conseiller de votre banque ne vous demandera votre mot de passe, des codes de confirmation, ni de valider ou d’annuler des opérations. Raccrochez et rappelez votre banque par ses canaux habituels.
Puis-je faire confiance à un numéro d’opposition reçu par SMS ?
Non : de faux numéros d’opposition circulent. Vérifiez l’information par vous-même, depuis l’espace ou l’application de votre banque.
Autres guides utiles
Sources vérifiées le 2 novembre 2026
Les passages entre guillemets attribués à un organisme reprennent ses pages mot pour mot ; les exemples de messages sont reconstitués. Une page non datée est indiquée comme telle : elle a été consultée à la date ci-dessus.
- Cybermalveillance.gouv.fr — fiche réflexe sur la fraude au faux conseiller bancaire (7 mai 2026)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Cybermalveillance.gouv.fr — actualité sur l’hameçonnage au faux numéro d’opposition bancaire (29 octobre 2026)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Banque de France — alerte sur la fraude par SMS et appels (mise à jour le 24 septembre 2026)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Banque de France — questions-réponses vrai ou faux sur l’économie et vos finances (page non datée)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Banque de France — alerte « Fausses offres de crédit : soyez vigilants ! » (31 août 2026)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF) — page sur les appels de faux conseillers bancaires (page non datée)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Arcep — fiche pratique sur l’usurpation de numéro de téléphone fixe ou mobile (page non datée)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Arcep — actualité sur la protection des consommateurs et l’authentification des numéros (29 janvier 2026)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Service-Public.fr — actualité A18474 sur la vérification du bénéficiaire d’un virement (29 septembre 2025)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Service-Public.fr — fiche F33267 sur le démarchage téléphonique et le signalement au 33 700 (vérifiée le 12 août 2026)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Assurance Maladie, ameli.fr — page sur les courriers, appels, courriels et SMS frauduleux (19 janvier 2026)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- impots.gouv.fr — page sur les courriels et SMS frauduleux (hameçonnage) (page non datée)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Bouygues Telecom (opérateur privé) — page de l’option Anti-Spam et limites de la détection (page non datée)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Google (éditeur privé) — aide de l’application Téléphone sur les libellés d’appels indésirables et leur correction (page non datée)(s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Caisse d’Épargne (banque privée) — FAQ sur le service de vérification du bénéficiaire d’un virement (12 novembre 2025)(s’ouvre dans un nouvel onglet)